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mercredi 25 novembre 2009

Avanti !

Avanti ! (1972)
Réalisateur Billy Wilder
Avec : Jack Lemmons, Juliet Mills, Clive Revill



Les comédies actuelles ne me touchent pas. Je suis donc souvent bien empruntée lorsque j'ai envie de regarder un film sans prétention, qui me donnerait l'impression d'être légère une fois terminé. Je me replie donc sur les films en noir et blanc et parfois, j'y ajoute de la couleur.

Avanti ! Et l'histoire d'un homme d'affaire fort autoritaire et terriblement antipathique débarquant en Italie pour rapatrier le corps de son père, décédé dans un accident de voiture, vers les Etats-unis. Ce qui semble être une opération facile va se voir compliquée par : les habitudes italienne à respecter, le fait que son père n'était pas seul au moment de sa mort, la fille de la personne accompagnant son père, le personnel de l'hôtel, une sicilienne et finalement les propriétaires d'un vignoble. Beaucoup de protagonistes pour une histoire qui se laisse couler et qui vous laisse au final le sourire aux lèvres.

J'ai été émerveillée par les petits détails et le soin porté à l'image, on sent un travail consciencieux et réfléchi. L'humour y est léger et les dialogues sont la cerise sur le gâteau. Je n'avais jusque là jamais fait attention au dialogue. Le choix des mots et les descriptions semblent tellement juste, que j'ai aimé tout de suite entendre parler les personnages. Ce film, a fait frétiller mes oreilles pour la première fois. J'ai vraiment eu l'impression de voir une oeuvre ou rien n'est laissé au hasard sans qu'on sente les acteurs "coincés" et mal à l'aise face à autant d'exigence.

J'ai souris aussi, en me demandant comment en 1972 avait été perçue la scène de nu, ou les formes généreuses de Juliet sont exposées sans "chichi" et ou on se rends compte que Jack Lemmons à la fesse plate.


Et puis j'ai été surprise qu'un film "tout-public" parle sans morale aucune de l'adultère, du mensonge et de la passion. Il m'a fait penser à la série Dexter. Bien que sachant que Dexter est un serial-killer, qu'il tue de sang froid on est très heureux pour lui qu'il ne se fasse pas prendre. Et bien là, c'est la même chose, sur un sujet qui, vous vous en doutez bien, est totalement différent.

Ce film est pour moi une jolie bouffée d'air frais et un moyen de se souvenir que les américains ne sont pas toujours moraliste et gnangnan.

jeudi 22 octobre 2009

Les contes de Terremer

Les contes de Terremer
Gorō Miyazaki



Il n'a pas été facile pour moi d'aborder ce film en étant objective. Premièrement j'ai beaucoup d'affection pour le travail de papa Miyazaki. Et pour continuer, parce que j'aime sa manière de raconter, sa poésie ainsi que ses personnages qui me ramènent à mes 10 ans lorsqu'avec mes couettes, je rêvais de voler sur le dos de Falkor.

Malgré tout, le titre fait rêvé et je n'ai jamais refusé qu'on me raconte un conte. J'ai donc oublié le père et affronté le fils. Et bien j'avoue que ça a tenu 2 minutes. Difficile de ne pas faire de parallèle lorsque les dessins, la musique et la couleur vous ramènent au Château ambulant dans les premières secondes. Puis, lorsque l'histoire commence à prendre, on nous jette en pleine figure une scène qui vous rappelle furieusement Princesse Mononokee. Je me suis donc effrayée en pensant revoir un patchwork des oeuvres de papa. Mais j'ai tenu bon, et j'ai eu raison.

Au fil de l'histoire le fils s'impose avec plus de dureté que le père, avec plus de lenteur sur certaines scènes, nous laissant savourer la beauté des dessins et avec un message final qui vous laisse la mâchoire pendante. J'ai cependant mis du temps à m'accrocher au personnage. Le prince Arren a un caractère surprenant pour un héros de conte. J'ai rarement vu dans les animations japonaises de personnage principal manquant à ce point de courage et de charisme (mais je ne suis pas une experte non-plus).

Malgré tout, si vous aimez qu'on vous raconte des histoires de prince, de dragon et de magicien, je suis sûre que vous prendrez plaisir à voir ce magnifique conte. C'est volontairement que je ne vous ai pas parlé de l'histoire, je n'ai pas envie de vous en dire trop, parce que ce « film » est à voir sans trop en savoir pour le savourer pleinement.

Alors oui, selon moi, il y a des pêchés de jeunesse dans ce film, comme de long monologues expliquant le pourquoi du comment, trahissant peut-être un manque de confiance. Mais si le fils continue sur cette voie là, il apportera à l'animation japonaise sa part de rêve j'en suis certaine.

lundi 19 octobre 2009

Anche libero va bene.

Anche libero va bene (2006)
Kim Rossi Stuart


Il m'aura fallu un temps spectaculaire pour voir ce film tant désiré sorti en 2006. A sa sortie j'ai tout d'abord dû trouver une salle de cinéma qui l'avait à l'affiche. Une fois trouvé, il a fallu que je patiente... tellement longtemps que d'autres choses sont venues se greffer à mon emploi du temps et hop, j'ai oublié. Je suis donc partie à la recherche d'une autre salle et lorsque je l'ai trouvée elle ne le projetait qu'un seul soir. Il était donc écrit dans mon agenda "CINEMA" en très très gros. Et, le jour venu, je me trouvais au fond du lit avec une grosse grippe. Impossible donc de conduire et surtout d'apprécier le film. Et à 40.--CHF le DVD, j'avoue que j'hésitais franchement très fort à l'acquérir.

Désespérée, j'attendais ainsi mon prochain voyage en Italie pour voir si je le trouverai moins cher là-bas. C'est alors que mon facteur m'a fait une jolie surprise. Depuis 3 ans je reçevais le programme du cinéclub de ma région et je n'y trouvais pas mon bonheur, mais là, au milieu de la programmation se trouvait le titre de ce film !!! J'allais enfin pouvoir voir ce schreugneugneu de film à un prix raisonnable et surtout en VO. Et me voilà, un mardi soir, dans la salle de cinéma...

Les lumières s'éteignent et je plonge dans l'univers de Kim Rossi Stuart...

On entre dans le quotidien d'une famille mono-parentale dont père s'occupe tant bien que mal de ses deux enfants. Il est cameraman et a décidé de se mettre à son compte. Bien que les enfants semblent à l'aise dans cette situation, on ressent un léger malaise. Le père est des plus ordinaire. Dévoué à sa famille avec les soucis que cela implique, soit, les "pétages" de plombs sans raison pour ne pas dévoiler à ses enfants la vraie nature de ses soucis. Tout se passe relativement bien jusqu'au retour de la mère. Le retour est particulièrement dur, on apprends alors, que la mère a quitté ses enfants pour aller avec un homme beaucoup plus riche et que ce n'est pas la première fois. Après un affrontement très cru avec le père et ses enfants, ils décident ensemble qu'elle va rejoindre le milieu familial. Dès lors, elle fait des efforts, semble se repentir et joue son rôle de maman... jusqu'à ce que... vous alliez voir le film pour connaître la suite.

Ce film montre le ressenti de chaque personnage avec beaucoup de détails. Parfois il m'a semblé que le film était alourdi par ce trop pleins de détails et puis, chemin faisant le tout s'imbrique parfaitement pour arriver à un réalisme presque dérangeant. Comme le disait Ms Kido lorsque nous en avons parlé, Kim Rossi Stuart est surprenant, parce qu'en tant qu'homme il aurait pu aborder le sujet avec une sensibilité moindre. Mais là il fait preuve d'une justesse au niveau des sentiments, ce qui nous empêche de prendre parti pour l'un ou l'autre des personnages. De plus, les deux enfants sont particulièrement bons dans leur rôle : une adolescente qui fait des trucs stupides pour se donner un peu de valeur et un petit pré-ado qui tente de faire sa place au milieu de tout ça et qui semble incapable de pouvoir se lâcher lorsqu'on parle d'amour. Et ce petit homme, qui garde un visage impassible et qui démontre parfois une certaine froideur face aux évènements qu'il subit a un jeu des plus impressionnant pour un enfant.

Un premier film de Kim Rossi Stuart entant que réalisateur, qui nous parle d'amour(s) d'une façon peu commune. Une vraie réussite !

samedi 10 octobre 2009

District 9

District 9
Neill Blomkamp



Lorsqu'on m'a parlé pour la première fois de District 9, j'ai tout de suite pensez à un film moraliste façon Walt Disney. Un film ou tout est blanc ou noir, ou les humains sont méchants et les aliens sont gentils pour arriver à un final ou tout le monde il est beau et gentil et on verse une petite larmichette parce que c'est trop bôooo. Oui, je sais, ce n'est pas bien d'anticiper comme ça. Mais honnêtement vous y arrivez vous ?

Heureusement pour moi, j'avais tort. Même si par moment certaines scènes et dialogues m'ont fait peur et que je me disais « ha, c'est maintenant qu'on tombe dans le mélo » et bien non, la barre était relevée et hop, ont oubliait tout ça.

Ce film a certes un scénario simple, mais pour une fois, ce n'est pas un défaut. Un petit synopsis rapide ? C'est parti...

"Les Aliens débarquant sur terre, panique les humains engeandrant ainsi des réactions disproportionnées."

Alors ? Vous comprenez pourquoi plus haut je citais Walt Dysney ? Et bien croyez moi ou non, ce film vous attrape dès la première scène et fait valser tous vos à priori. Il vous fait manger tous les défauts de la race humaine en 1h30 sans aucune concession. On ne ressort pas de Disctrict 9 sans se dire que l'être humain peut être particulièrement stupide et ç%&*ç(ç%&* parfois.

Cette réflexion n'est due qu'à une chose, le rendu des émotions et réactions des protagonistes (aussi bien aliens, qu'humains) qui bien qu'inavouable ne sonne pas faux. On s'identifie facilement au personnage principal qui est capable de tout pour sauver sa vie et qui du coup, fait preuve d'un égoïsme et d'un sens de la trahison fort marqué. L'américain moyen est enfin montré comme tel qu'il est et non pas comme le sauveur de l'humanité et ça fait un bien fou !

L'esthétique du film est particulièrement soignée. Nous n'avons pas d'image de synthèse lisse et bien léchée ce qui apporte beaucoup à la texture des aliens et les rends particulièrement vivant. Neill Blomkamp aurait pu utiliser les dernières techniques et nous faire un film particulièrement esthétique et visuellement claquant, il ne l'a pas fait. Cette « humilité » se sent tout au long du film et lui donne beaucoup de charme ce qui est pour moi la raison de sa réussite.

Je ne lui trouverais qu'un défaut majeur. Trop de questions sont laissées en suspends et cela me fait penser qu'il pourrait y avoir une suite. Ce qui lui nuirait gravement je pense.

mardi 6 octobre 2009

Coraline

Coraline (2009)
Réalisation : Henry Selick


Coraline est une petite fille pleine d'imagination plongée dans un univers gris, pas drôle, avec des obligations, des parents qui travaillent et qui n'ont pas le temps. Alors qu'elle compte les fenêtres de sa maison, elle trouve une porte secrète qui va la mener dans un univers identique au sien à l'exception du fait que tout y est ludique, avec des parents aimants et attentifs et des voisins charmants. Bien sûr, comme dans tous les contes, cela ne va pas durer.

On retrouve dans Coraline énormément d'influences et de références. Beetlejuice pour les couleurs, L’Etrange Noël de Mr Jack pour le rendu, Botticelli dans certaines scènes et Jason pour le personnage de Wyborn, pour ne citer que celles qui m'ont parues flagrantes. Le tout est savamment mélangé pour donner un ensemble cohérent, drôle et effrayant. Arrivée à la fin je me suis dit que certains parents ont dû être fort surpris au cinéma et qu'ils avaient offert à leur enfant, leur premier film d'horreur.

Avec mon regard d'adulte, j'ai trouvé cette ambiance particulièrement pesante et inquiétante. Il est comparable au merveilleux L’Etrange Noël de Monsieur Jack par bien des points. Mais là ou Mr Jack a réussi à être un personnage qui nous prend par le coeur et nous fait oublier son univers terrifiant, Coraline maintient cette tension tout au long. Le spectateur n'a jamais de répit.

Les personnages de son monde réel sont criants de vérité dans leur comportement. J'imagine que n'importe quel enfant pourrait s'identifier facilement à cette adorable Coraline. Le personnage de Wyborn ainsi que la relation qu'elle crée avec cet enfant et absolument fascinante. On retrouve dans leur approche ce qu'on peut voir dans chaque cours d'école. Bravo au scénariste (Henry Selick, d’après l’œuvre de Neil Gaiman) qui a, avec soin, rendu chaque personnage intéressant et surprenant.

Pour un adulte, ce film est une petite friandise, mais je ne suis pas sûre que les enfants en disent autant.