Chaque année Herold, qui est le maître absolue de la petite ville de Redemption, organise un concours de duels dont le vainqueur reçoit la coquette somme de 123.000 dollars. Jusqu’ici il l’a toujours gagné…
Sam Raimi tout juste sortie du tournage d’Evil Dead 3, change de style et s’attaque au Western. Pour ce film il obtient des acteurs confirmés ou alors pas si connu mais qui tous deviendront de grands noms.
Pour les moins connus d’entre eux à l’époque: Russel Crowe nous campe un prédicateur, haït par toute la communauté de Redemption et en particulier par Herold, il est forcé de participer au concours, car dans le cas contraire il se verrait exécuter sans aucune forme de procès. Leonardo Di Caprio encore très peu connu (à part pour les fans de Quoi de neuf, docteur ? et Criters 3) est parfait dans le rôle du fils de Herold cherchant la reconnaissance de son père grâce à ce concours, grande gueule il est le joli cœur de ces dames, à l’époque je le considérais comme pouvant devenir un immense acteur, c’était avant qu’il ne tourne dans les bouses n’exploitant uniquement que sa jolie gueule de gamin Romeo et Juliette et Titanic, bon ok depuis il s’est bien rattrapé.
Passons aux plus connus d’alors: Lance Henriksen interprète Ace Hanlon, la terreur de l’Ouest, qui a un jeu de carte bien spécial, à chaque fois qu’il tue un homme il y ajoute un As. Sharon Stone alors au sommet de sa gloire, campe une femme mystérieuse, qui prétend être la pour gagner la récompense mais qui semble avoir d’autre objectifs, en plus d’être actrice elle est productrice de ce film. Et enfin, Gene Hackman nous joue Herold, le multiple champion faisant régner l’ordre et non la loi sur toute la ville grâce à des méthodes immondes. Autant dire qu’au niveau du casting Sam Raimi a eu du flair et à su s’entourer de valeurs sures.
Dès le départ on ne peut que constater la griffe de Sam Raimi sur ce film, il semble avoir été grandement influencé par Sergio Leone dans sa façon de filmer les gros plans (les fameux gros plans sur le regard des gunfighters). En même temps il arrive à se démarquer de ses illustres prédécesseurs par certains éléments, les différents protagonistes sont habillés de manière bien stylisé, cela se voit notamment par le choix de faire porter des lunettes de soleil à certains personnages, ce qui ne devaient pas être très courants à l’époque. Ici il n’est pas question d’approcher un certain réalisme même lors des combats. Il s’agit purement d’un Western divertissant qui atteint clairement ses objectifs. Autre point qui m’a rappelé un autre maître, la façon de filmer les duels en utilisant un Zoom avant accouplé à un travelling arrière et inversement (méthode déjà utilisée par Alfred Hitchcock pour montrer le malaise de ses personnages dans Vertigo) ce qui a pour effet de voir le personnage s’approcher de la camera alors que le décor s’en éloigne et vice versa.
L’humour noir est très présent dans ce film et il n’est pas rare de voir un duel se terminer par une touche humoristique je pense notamment au duel entre le prédicateur et l’indien que les balles des visages pales ne peuvent tuer ou encore le flash back nous montrant la mort du précédent shérif (Gary Sinise).
Bref je conseil ce film à ceux qui veulent voir un film distrayant sans prises de tête, bien réalisé avec de bons acteurs et un brin d’humour noir.
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mardi 13 octobre 2009
vendredi 9 octobre 2009
Impitoyable (Unforgiven)
Ecrit par
Mr. Vega
Réalisation : Clint Eastwood1992
Avec : Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris...
Par une soirée trop arrosée de 1880, deux cow-boys se font plaisir en passant la soirée dans un claque. Une des filles de joie déchaînera la colère de l’un d’eux en se moquant de la taille de son sexe, il passera ses nerfs en tailladant le visage de celle-ci. Le shérif, Little Bill (Gene Hackman) les sanctionne en leur ordonnant d’offrir des chevaux au tenancier de l’établissement pour le dédommager de la marchandise endommagée. Les filles décident donc de lancer une prime pour la tête des deux cow-boys…
Ce chef d’œuvre du cinéma est tout simplement, à mes yeux, le plus grand western jamais réalisé. Mais ce film n’est pas seulement un western, c’est aussi une critique de la violence dans la société moderne. Habituellement ce sont les films d’anticipation qui en nous plongeant dans un futur sombre pointent du doigt les travers de la société dans laquelle nous vivons, ici, c’est grâce au passé que nous y serons confronté. Pour ce film Eastwood a engagé David Webb Peoples qui a écrit les scénarios de Blade Runner, Ladyhawke et plus tard de L’armée des douze singes, bref que du lourd. La ville décrite dans Impitoyable n’est qu’un miroir de la situation d’alors aux Etats-Unis, où la soif de violence à gangrené chaque échelon de la population. On pourrait même dire que ce film est visionnaire, en effet, quelque mois après sa sortie éclate l’affaire Rodney King (souvenez vous, Rodney King, un noir vivant à Los Angeles est passé à tabac par les forces de l’ordre et ce en pleine rue, un passant filmera toute la scène, qui sera diffusé dans le journal télévisé du soir, ce qui déclenchera les émeutes de L.A. réprimée d’une manière très violente par la police) Nous voila dans un remake ou Rodney King tient le rôle de la fille tailladé, la population celle de William Munny et la police tient le rôle du shérif Little Bill.
Clint Eastwood a su s’entourer d’acteurs excellents pour ce film, Gene Hackman est tout simplement hallucinant dans son rôle de Shérif tenant la ville par une poigne de fer. Morgan Freeman tient le rôle de l’associé de Munny avec qui il a fait couler le sang des années auparavant et nous démontre tout son talent. On y voit également Richard Harris (qui m’a profondément marqué par son interprétation dans Un homme nommé cheval que je vous recommande chaudement) campant le rôle de English Bob tueur sanguinaire d’une précision diabolique avec son Peacemaker. De sanguinaire Bob n’en a que la réputation qu’il assoit grâce à son biographe qui le suit partout. Enfin nous avons Clint Eastwood qui nous campe un vieil assassin remis dans le droit chemin par sa femme disparue des suites d’une maladie. Il est à peine capable de monter à cheval et pour toucher une boite de conserve à 15 pas doit utiliser un fusil de chasse plutôt que son revolver.
Le face à face Munny VS Little Bill nous montre deux personnes ayant connu la violence de très près mais ayant évolué de manière bien différente. Munny n’est plus homme utilisant la violence alors que Little Bill adore l’utiliser pour asseoir son autorité sur la ville. Finalement ces deux personnages sont très semblable et Little Bill aurait très bien pu finir comme Munny et inversement.
La où Eastwood fait fort, est dans la façon qu’il a de nous montrer la violence, aucun artifice ici, pas de gunfight spectaculaires dans ce film. La scène d’exécution du premier cow-boy en est le parfait exemple. Pas d’héroïsme à la John Wayne où l’on attend sa cible au beau milieu de la rue, non ici on ouvre la porte des chiottes et on bute le gars qui fait sa vidange, tout simplement. Le tout avec une réalisation très sobre, pas de plan inutile ou pouvant mener à la confusion lors des scènes où les armes sont utilisées.µ
La musique est à l’image de la réalisation, sobre et efficace, Clint Eastwood signe une partie de celle-ci. Clint Eastwood rend le plus beau des hommages au Genre qui lui a tant apporté. Et dédiera le film à ses deux mentors Don Siegel et Sergio Leone. Le film recevra 4 Oscars dont Meilleur film et Meilleur réalisateur.
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