vendredi 9 octobre 2009

Impitoyable (Unforgiven)

Réalisation : Clint Eastwood
1992
Avec : Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris...


Par une soirée trop arrosée de 1880, deux cow-boys se font plaisir en passant la soirée dans un claque. Une des filles de joie déchaînera la colère de l’un d’eux en se moquant de la taille de son sexe, il passera ses nerfs en tailladant le visage de celle-ci. Le shérif, Little Bill (Gene Hackman) les sanctionne en leur ordonnant d’offrir des chevaux au tenancier de l’établissement pour le dédommager de la marchandise endommagée. Les filles décident donc de lancer une prime pour la tête des deux cow-boys…

Ce chef d’œuvre du cinéma est tout simplement, à mes yeux, le plus grand western jamais réalisé. Mais ce film n’est pas seulement un western, c’est aussi une critique de la violence dans la société moderne. Habituellement ce sont les films d’anticipation qui en nous plongeant dans un futur sombre pointent du doigt les travers de la société dans laquelle nous vivons, ici, c’est grâce au passé que nous y serons confronté. Pour ce film Eastwood a engagé David Webb Peoples qui a écrit les scénarios de Blade Runner, Ladyhawke et plus tard de L’armée des douze singes, bref que du lourd. La ville décrite dans Impitoyable n’est qu’un miroir de la situation d’alors aux Etats-Unis, où la soif de violence à gangrené chaque échelon de la population. On pourrait même dire que ce film est visionnaire, en effet, quelque mois après sa sortie éclate l’affaire Rodney King (souvenez vous, Rodney King, un noir vivant à Los Angeles est passé à tabac par les forces de l’ordre et ce en pleine rue, un passant filmera toute la scène, qui sera diffusé dans le journal télévisé du soir, ce qui déclenchera les émeutes de L.A. réprimée d’une manière très violente par la police) Nous voila dans un remake ou Rodney King tient le rôle de la fille tailladé, la population celle de William Munny et la police tient le rôle du shérif Little Bill.

Clint Eastwood a su s’entourer d’acteurs excellents pour ce film, Gene Hackman est tout simplement hallucinant dans son rôle de Shérif tenant la ville par une poigne de fer. Morgan Freeman tient le rôle de l’associé de Munny avec qui il a fait couler le sang des années auparavant et nous démontre tout son talent. On y voit également Richard Harris (qui m’a profondément marqué par son interprétation dans Un homme nommé cheval que je vous recommande chaudement) campant le rôle de English Bob tueur sanguinaire d’une précision diabolique avec son Peacemaker. De sanguinaire Bob n’en a que la réputation qu’il assoit grâce à son biographe qui le suit partout. Enfin nous avons Clint Eastwood qui nous campe un vieil assassin remis dans le droit chemin par sa femme disparue des suites d’une maladie. Il est à peine capable de monter à cheval et pour toucher une boite de conserve à 15 pas doit utiliser un fusil de chasse plutôt que son revolver.
Le face à face Munny VS Little Bill nous montre deux personnes ayant connu la violence de très près mais ayant évolué de manière bien différente. Munny n’est plus homme utilisant la violence alors que Little Bill adore l’utiliser pour asseoir son autorité sur la ville. Finalement ces deux personnages sont très semblable et Little Bill aurait très bien pu finir comme Munny et inversement.

La où Eastwood fait fort, est dans la façon qu’il a de nous montrer la violence, aucun artifice ici, pas de gunfight spectaculaires dans ce film. La scène d’exécution du premier cow-boy en est le parfait exemple. Pas d’héroïsme à la John Wayne où l’on attend sa cible au beau milieu de la rue, non ici on ouvre la porte des chiottes et on bute le gars qui fait sa vidange, tout simplement. Le tout avec une réalisation très sobre, pas de plan inutile ou pouvant mener à la confusion lors des scènes où les armes sont utilisées.µ

La musique est à l’image de la réalisation, sobre et efficace, Clint Eastwood signe une partie de celle-ci. Clint Eastwood rend le plus beau des hommages au Genre qui lui a tant apporté. Et dédiera le film à ses deux mentors Don Siegel et Sergio Leone. Le film recevra 4 Oscars dont Meilleur film et Meilleur réalisateur.

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